Elections présidentielles: les raisons de mon choix…

A quelques jours d’une élection présidentielle décisive pour l’avenir de la France comme pour l’avenir de l’Europe, mon devoir d’élu est de vous faire part de mon choix.
Vous êtes en effet nombreuses et nombreux à me faire part de vos interrogations et de vos doutes et à me demander ce qu’il convient de faire dans cette situation politique sans pareille et plus qu’incertaine.
Pour ma part, j’ai fait le choix d’apporter mon suffrage à Emmanuel Macron dès le 1er tour de l’élection présidentielle le 23 avril prochain. C’est pour moi une question essentielle d’identité et de responsabilité politiques.

Pourquoi ?

Au cours de ce quinquennat, j’ai pleinement soutenu et accompagné l’action gouvernementale, en particulier dans mes fonctions de vice-président de la commission des finances. Sous l’impulsion du président de la République François Hollande, nous avons engagé le redressement du pays, un pays qui était en 2012 dans une situation très difficile. Pour autant, et même si les avancées sont nombreuses et les premiers résultats sont là, nombre de nos concitoyens expriment une réelle frustration et doutent de l’avenir.

Cette déception ne résulte pas, pour l’essentiel, de promesses de changement qui n’auraient pas été tenues par François Hollande et ses gouvernements. La réalité, c’est que, depuis plus de 30 ans, l’évolution du monde – notamment la globalisation des échanges, la financiarisation du capitalisme, la révolution numérique, le réchauffement climatique et les questions environnementales – bouleverse et réinterroge profondément nos modes de vie, de travail et de production. Face à ces mutations, l’Europe dont nous fêtons cette année les 60 ans et qui nous a apporté la paix et la prospérité peine aujourd’hui à se renforcer et à s’affirmer comme un atout majeur et protecteur pour nos concitoyens dans ce monde ouvert et cette économie globalisée.

Gouverner la France nécessite dans cette période une vision éclairée des dynamiques politiques, économique, sociales et sociétales en cours sur la planète. Il nous faut mettre en œuvre des mécanismes de régulation plus efficaces, assurer un équilibre crédible entre sérieux budgétaire, efficacité des services publics et choix stratégiques dans des investissements d’avenir, nous inscrire résolument dans un développement durable pour sauvegarder la planète et, bien sûr, préserver et conforter notre modèle social et nos valeurs.

Ces qualités sont, à mes yeux, celles des progressistes, au premier rang desquels celles et ceux qui se reconnaissent dans la Gauche de gouvernement, cette Gauche de gouvernement qui veut, depuis Jaurès, aller à l’idéal en comprenant le réel. Tout, de mes racines politiques, personnelles et familiales à mon parcours politique de militant comme d’élu, me rattache à cette Gauche progressiste et réformiste qui fait du principe de réalité un moteur de l’action. Je suis socialiste depuis les premiers jours de mon engagement politique et je le resterai.

Mais aujourd’hui, nous sommes face à un choix grave que chacune et chacun doit bien mesurer en conscience. Dans cette période de mutations, la tentation du populisme et des extrêmes est forte et dangereuse, comme elle ne l’a jamais été depuis les années trente. Renforcées par la menace terroriste qui plane partout en Europe et dans le Monde, le populisme et l’extrémisme, ces deux ennemies de la République et de la démocratie, prospèrent en France comme dans nombre de pays européens et aux Etats-Unis avec l’élection de Donald Trump.

En France, Marine Le Pen porte, avec le Front national, un programme irresponsable de repli nationaliste et de remise en cause de notre République et de ses valeurs. Elle peut arriver largement en tête au soir du 1er tour de l’élection présidentielle et à un niveau tel que nul ne peut aujourd’hui exclure sa victoire le 7 mai prochain.

Le candidat de la droite, François Fillon, a une lourde responsabilité dans cette situation. Il porte le projet d’une droite dure et radicale sur les questions économiques et sociales comme sur les questions sociétales, un projet qui, s’il était mis en œuvre, ne pourrait que diviser le pays. Son entêtement, ses mensonges et son éthique défaillante à la suite des affaires qui ont conduit à sa mise en examen ont aggravé le climat délétère de cette campagne et précipitent une partie des électeurs, notamment de droite, dans les bras du Front national. Chacun comprend désormais qu’un second tour entre François Fillon et Marine Le Pen rend l’élection de la candidate d’extrême-droite à la présidence de la République possible.

Le candidat du Parti socialiste, Benoît Hamon, n’est malheureusement pas aujourd’hui un rempart suffisamment solide face ce danger. Il ne l’est pas parce que la gauche reste divisée et éclatée, il ne l’est pas non plus hélas en raison du projet qu’il défend. Il n’a pas su et voulu créer la dynamique qui lui aurait permis de s’imposer comme une alternative crédible pour être présent au second tour de l’élection présidentielle.

Dès lors, la responsabilité de tous les démocrates et républicains progressistes, et d’abord de celles et ceux qui se reconnaissent dans la gauche, est d’apporter, dès le 1er tour, leur apporter leur voix à Emmanuel Macron, seul candidat démocrate, républicain et progressiste en mesure d’éviter un choix mortifère entre François Fillon et Marine Le Pen.

Ce choix, je le fais en conscience, parce que l’avenir du pays et de nos enfants comme l’avenir de l’Europe l’exigent. Ce choix, je le fais dans la fidélité à mes valeurs socialistes comme dans la fidélité avec toutes celles et tous ceux que je représente et que je défends à Cergy et dans la 10ème circonscription depuis maintenant vingt ans.

Dans une situation à bien des égards exceptionnelle et périlleuse, j’en appelle donc à un large rassemblement républicain de tous les progressistes autour d’Emmanuel Macron dès le 23 avril pour faire barrage au Front national et à François Fillon qui n’incarne plus la droite républicaine.

Député socialiste de la 10ème circonscription du Val d’Oise, je serai en juin prochain candidat au renouvellement de ce mandat pour construire la majorité parlementaire progressiste dont le pays a besoin. Une majorité progressiste dans laquelle le Parti socialiste devra jouer tout son rôle, une majorité parlementaire qui sera celle d’une France ouverte au monde, solidaire, ambitieuse et fidèle à ses valeurs universelles.

Dominique LEFEBVRE
Député du Val d’Oise
Président de la Communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise

 

 

5 réflexions au sujet de « Elections présidentielles: les raisons de mon choix… »

  1. Merci Dominique je partage totalement ton point de vue
    Amicalement Didier Imbert

  2. Bravo Dominique
    Rien à ajouter, rien à enlever.

    il y a bien longtemps, quant à moi, que ce choix est fait.
    c’est plus facile car individuel. Ton engagement prend nécessairement un caractère plus collectif.
    Bravo donc pour ton courage politique et la fidélité à tes convictions profondes

  3. dès le résultat des primaire j’avais fait le même choix….pour éviter le pire

  4. je suis socialiste depuis très longtemps mais pour moi le vote pour EMMANUEL MACRON EST LE SEUL RECOURS POUR EVITER LE PIRE!!!!