Le danger FN…

Rien n’y fait. Marine Le Pen a beau forcer le trait de sa « respectabilité », tenter de lisser son image à raison de son apparente rupture avec son père, la petite entreprise familiale du FN produit invariablement la même sauce.

Pourtant, elle prétendait rompre avec ceux qui l’avait portée à la tête de la PME Le Pen au point d’exclure le fondateur et d’en finir avec le courant raciste et antisémite dont il est l’incarnation la plus emblématique.

Chassez le naturel, il revient au galop. En dédouanant l’Etat français de sa responsabilité lors de la rafle du Vel d’Hiv, déclaration qui a suscité une vague d’indignation, elle démontre que sa campagne présidentielle est surtout faite pour planquer dans l’arrière-boutique son fonds de commerce d’extrême-droite, et que tout cela sera réinstallé dès le lendemain de la campagne, qu’elle gagne ou non, en tête de gondole bien visible et parfaitement assumé.

Il faut d’ailleurs jeter un œil attentif au livre-enquête « Marine est au courant de tout » de Marine Turchi et Mathias Destal, pour bien se rendre compte de la duplicité de la candidate frontiste et du danger qu’elle fait courir au pays en cas d’élection en mai prochain.

Car au-delà de ces soi-disant « dérapages » qui ne sont rien d’autre qu’un révélateur de ce qu’est en réalité le FN et sa candidate, il faut bien comprendre en fait que Marine Le Pen n’a rien rompu du tout.

De son programme économique, démagogique et populiste à souhait, elle promet en vrac des baisses d’impôts, des baisses de charges pour les PME et TPE, la retraite à 60 ans, la hausse du quotient familial et du minimum vieillesse, la baisse du prix du gaz et de l’électricité, la défiscalisation des heures supplémentaires, etc … Le financement de cette manne ? En faisant payer aux étrangers une taxe, en limitant l’immigration puis en affectant les aides sociales aux seuls nationaux… Pour cela, il suffit de fermer les frontières, et pour les fermer il suffit de sortir de l’Europe.

Tout cela serait risible, si les intentions de vote ne continuaient pas de la placer en tête du premier tour des présidentielles (voir le dernier sondage Ipsos du 11 avril. Tout cela serait risible si rien ne semblait affecter la stabilité de son socle électoral. Car rien, ni les affaires, ni sa mise en examen, ni ses saillies révisionnistes ne semble aujourd’hui modifier significativement le vote du 23 avril.

La vigilance républicaine et citoyenne est donc plus que jamais à l’ordre du jour. Pour cela, nous nous répétons, mais nous devons plus que tout éviter un second tour venimeux pour la démocratie française entre Fillon et Le Pen…

 

 

 

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