Mon parcours

Je suis né le 7 mai 1956 dans le Nord, à Roubaix, deuxième d’une fratrie de cinq frères et sœurs, dans une famille qui, comme beaucoup d’autres en France, doit beaucoup à la promotion par l’école de la République.

Mon arrière-grand-père était ouvrier textile, veuf assez jeune avec sept enfants dont trois moururent pendant la Grande guerre et trois autres devinrent instituteurs après avoir commencé à travailler à douze ans et suivi les cours du soir. Mon grand-père et ma grand-mère maternels furent donc de ces hussards noirs de la IIIème République pour qui l’enseignement était à la fois un métier et un sacerdoce.

Quand on a eu la chance de s’élever par l’instruction, on a un devoir envers la société : c’est un principe dans lequel j’ai été élevé, qui a pour moi l’évidence de ce qu’on a toujours connu.

Encore enfant, j’ai appris le respect de l’effort aussi : j’ai vu mon père, alors qu’il était surveillant général, « surgé » comme on disait, bûcher le soir pour préparer l’agrégation d’histoire. Il est devenu professeur de lycée et a encore travaillé dur pour finir sa carrière Inspecteur d’Académie.

J’ai ainsi appris de bonne heure que la vie n’est pas entièrement jouée dès le départ, qu’aucun parcours n’est complètement tracé à l’avance. Le mien a connu quelques détours, qui ont été autant de sources d’enrichissement. Je suis donc d’autant mieux placé pour savoir que la réussite individuelle, à force de travail et de persévérance, n’est pas en contradiction avec la construction d’un projet collectif ; les oppositions faciles dont une certaine droite est friande peuvent faire de bons slogans, elles ne sont pas vraies pour autant.

Une jeunesse chti

J’ai grandi à Roubaix puis Dunkerque. Des gens du Nord, j’ai la réserve, la pudeur timide qu’on peut prendre pour de la froideur. Cette distance, qui est en réalité une défense, j’apprends à m’en départir ; c’est peut-être un effet positif de la maturité !

Mon enfance et mon adolescence ont été marquées par la vie en collectivité : au sein d’une famille nombreuse, chez les scouts ou dans les clubs de sport de mon collège et lycée. J’ai pratiqué assidûment le handball et l’athlétisme et j’ai aimé camper dans les bois. Des vacances passées à Autrans, dans le Vercors, quand j’étais enfant, je garde une tendresse spéciale pour les Alpes du Sud, la beauté rugueuse de leurs paysages et l’éclat particulier de leur ciel.

Ce goût pour les activités physiques et le grand air ne s’est jamais démenti. Aujourd’hui encore, les courses en haute montagne et les randonnées à VTT sont pour moi une respiration indispensable.

En grandissant, j’ai aussi pris conscience de la nécessité de m’engager. C’était au départ une réaction instinctive, une indignation devant la situation de certains de mes camarades et voisins dans mon quartier des Glacis à Dunkerque. Comme toujours quand on est lycéen, mes premiers engagements étaient un peu rigolards, un peu sérieux. Mais derrière la provocation potache, il y avait une indignation réelle, les bases d’un engagement plus construit.

Il est d’abord passé par la JEC, la Jeunesse étudiante chrétienne, où beaucoup de « cathos de gauche » ont fait leurs premières armes. A vrai dire, nous étions plus marxistes que catholiques et je me suis rapidement tourné vers des mouvements dégagés de toute référence religieuse : la CFDT et le PSU (Parti socialiste unifié), qui me séduisait par son programme autogestionnaire.

Educateur spécialisé

J’appartiens en effet à la génération qui a grandi après 1968. Il est aujourd’hui de bon ton de tourner en ridicule l’enthousiasme naïf des années 70. C’est pourtant bien lui qui m’a poussé en 1974, une fois mon bac en poche, à ne pas suivre la voie toute tracée pour un enfant de prof, des études supérieures, mais à devenir éducateur dans un centre pour jeunes handicapés.

Ce fut pour moi une expérience très belle et très difficile. Nous cherchions alors à développer les sorties et les activités sportives pour ces jeunes, qui étaient trop souvent maintenus à l’intérieur. Je n’oublierai jamais leurs témoignages de joie de certains qui allaient à la piscine pour la première fois, pas plus que le chagrin d’en voir décliner au fil des mois.

Assistant social et militant

Fort de cette première expérience, j’ai entrepris des études d’assistant social à Lille, pendant lesquelles j’ai partagé mon temps entre les cours, les stages et un engagement politique et syndical de plus en plus prenant.

Convaincu qu’une posture purement protestataire ne permettrait jamais d’œuvrer concrètement pour changer les choses et servir les gens, j’ai quitté le PSU pour le Parti socialiste en 1979, rejoignant ainsi Michel Rocard lors de ce fameux congrès de Metz que nous perdîmes contre François Mitterrand.

Parallèlement, je commençais à exercer comme assistant social dans la banlieue lilloise, à Halluin et La Madeleine, où j’ai eu à suivre de près des situations de détresse inouïe. Elles m’ont marqué d’une façon différente mais aussi profonde que les enfants handicapés que j’avais accompagnés comme éducateur. J’en ai retiré la conviction que, pour agir efficacement sur le fond, pour s’attaquer aux causes et non seulement traiter les conséquences, il fallait intervenir à un autre niveau.

L’ENA

C’est comme ça que, poussé par un camarade qui cherchait quelqu’un pour réviser avec lui, je me suis inscris à une préparation aux concours administratifs. Malgré le scepticisme de la direction du centre de préparation, de voir de simples assistants sociaux comme nous tenter le coup, nous avons passé le concours interne d’entrée de l’ENA, que nous avons réussi.

Là, j’ai côtoyé des jeunes gens brillants aux parcours beaucoup plus classiques que le mien, et j’ai eu à faire face pour tout dire à un certain mépris de classe. Ça m’a incité à travailler encore plus dur et je suis sorti assez bien classé pour entrer à la Cour des Comptes, en 1986.

A la Cour, j’ai fait mienne l’éthique de rigueur et de transparence qui doivent s’imposer à tous ceux qui disposent de l’argent public. Et puis sans tarder, j’ai rejoint les groupes d’experts sociaux qui alors préparaient sous la houlette de Claude Evin la candidature, finalement retirée, de Michel Rocard à l’élection présidentielle de 1988.

Au gouvernement : RMI, CSG et livre blanc sur les retraites

En 1988, dans la foulée de la réélection de François Mitterrand, la gauche a remporté les élections législatives. Claude Evin, devenu ministre de la Santé, m’a proposé de rejoindre son cabinet pour suivre les finances sociales mais aussi le projet de revenu minimum d’insertion (RMI) qui était une vieille idée « rocardienne » et un engagement emblématique du second septennat de François Mitterrand.

Je me suis attaché, lors de la construction en moins de six mois de ce nouveau dispositif social, à me souvenir de ce que j’avais vu et vécu dans mon premier métier d’assistant social, un vécu qui m’a toujours suivi et été utile pendant toutes ces années où j’ai participé à la conduite de politiques au niveau national, et depuis bien sûr dans mes mandats locaux.

J’ai ensuite assumé diverses responsabilités : d’abord auprès du Premier ministre Michel Rocard, comme conseiller social avec en particulier la création de la CSG et aussi la rédaction du livre blanc sur les retraites que nous avions alors appelé « contrat entre les générations » ; puis après le départ de Matignon en mai 1991 à la direction du cabinet du Ministre de la Ville Michel Delebarre, à l’époque de la mise en œuvre des premiers contrats de ville et grands projets urbains ; et enfin de novembre 1991 à avril 1993 à la direction du cabinet de Jack Lang ministre de la Culture puis ministre de l’Education et de la culture

Après 5 ans passés dans les cabinets ministériels, j’avais acquis une expérience de l’action publique au plus haut niveau, une connaissance intime du fonctionnement de notre République, des rapports entre le gouvernement, le Parlement et l’administration. Je ressentais aussi une certaine frustration face à la lourdeur des procédures et l’éloignement des réalités.

Cergy : le coup de foudre

Ayant connu les deux bouts de la chaîne, le terrain social et les ministères, j’avais le désir de retrouver une action plus concrète mais toujours politique. J’ai donc accepté avec plaisir la proposition d’Isabelle Massin d’intégrer son équipe municipale à Cergy, comme adjoint chargé de la vie urbaine et des finances.

Avec Isabelle, j’ai découvert Cergy, durant de longues promenades à pied ou à vélo, et je suis tombé amoureux de cette ville nouvelle, de l’esprit pionnier de ses habitants et de son cadre de vie privilégié.

En février 1996, j’en suis devenu maire et les Cergyssois m’ont renouvelé leur confiance par deux fois en 2001 et 2008. Depuis 2001, j’assure également la présidence du SAN, devenu en 2004 Communauté d’agglomération de Cergy-Pontoise.

Aux élections législatives de juin 2012, les électeurs de la 10e circonscription du Val-d’Oise m’ont élu député. A l’Assemblée nationale, je siège au sein de la commission des finances.

Conformément à mes engagements et à mes convictions sur le non-cumul, le 11 janvier 2013, je quitterai mon mandat de maire, non sans émotion mais avec la conviction que la continuité d’une action politique demande de savoir passer le relai à celles et ceux qui, demain et après-demain, auront la responsabilité de Cergy et de Cergy-Pontoise.

Surtout, dans ce nouveau mandat de député, je reste au service des habitants de notre agglomération, avec les mêmes ambitions et la même énergie.

Les trop rares moments qu’il me reste de libre, je les passe avec ma femme et nos deux enfants. J’ai besoin régulièrement d’aller à la mer ou en montagne, avec ma famille et des amis, pour me ressourcer.